Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /Mars /2008 16:13

Evolution des pratiques funéraires

aux temps préhistoriques

 

Yannick Lecerf

 

En des temps où les cultures acheuléennes ont déjà abandonné la chaîne des charognards pour se livrer à la cueillette et la traque du petit gibier, aucune trace d’inhumation ne vient attester une préoccupation face à la mort.

 

Au Paléolithique :

Il faut attendre le Paléolithique Moyen (-200 000 ans à – 35 000 ans avant notre ère)  pour percevoir les premiers rites funéraires. En effet, les premières traces d’anthropophagies constatées par des stries de découpe au silex laissées  sur des ossements humains permettent d’attester de ces pratiques sans doute ponctuelles.

L’ingestion de certaines parties du défunt entreprise dans un lieu spécifique peut être considéré comme un cérémonial honorifique envers un individu dont la vie et les qualités doivent perdurer à travers ceux qui lui succèdent.

 

Vers 50 000 ans avant notre ère, les premières sépultures construites apparaissent en Italie. Constituées de crânes déposés dans un cercle de pierres, elles sont le témoignage tangible d’un véritable cérémonial. Si préalablement au dépôt funéraire, on a pris soin d’extraire la cervelle des boites crâniennes pour une possible acte d’anthropophagie,  ces manifestations évidentes montrent combien la mort interpelle déjà l’homme de Neandertal.

 

En France :

 Sur le site de La Ferrassie en Dordogne, deux sépultures d’adultes protégeant un homme et une femme sont accompagnées d’outils en silex et de nourriture. La position fœtale donnée à la femme paraît avoir été tenue par des liens.

Six tombes d’enfants, marquées des monticules de terre et de pierre, font de cet ensemble une première nécropole. Parmi ces tombes, ont reconnaît deux sépultures de nouveaux nés et une tombe donnée à un fœtus. Quelques belles lames de silex accompagnent les enfants.

 

A la Chapelle aux Saints en Corrèze, un vieillard placé dans une fosse a été retrouvé adossé à une dalle. Sa tombe était pourvue d’offrandes alimentaires.

En d’autres lieux, des parures, des fleurs, des dépôts de terre et de sable colorés sont là pour affirmer le soins, le respect  et la considération envers ces personnages abandonnés dans ces lieux choisis.

 

Dès ce moment du Paléolithique, on constate au travers des dépôts funéraires l’espérance d’une autre vie. Inhumés avec un viatique, avec leurs armes et leurs parures, les individus sont ainsi équipés pour ’’le voyage’’.

Ces rituels se confirment largement durant le Paléolithique final et s’amplifient au cours de la période du Mésolithique.

 

Au Mésolithique :

Durant cette séquence placée entre -10 000 ans et -5 500 ans avant notre ère, le cérémoniel prend une place de plus en plus importante. Sur ce qui apparaît aujourd’hui comme l’îlot de Téviec (56), on a pu en constater les traces.

Les morts sont revêtus de parures  et saupoudrés d’ocre. Ils sont accompagnés d’objets divers. De grandes ramures de cervidés viennent souvent encadrer leur espace funéraire. Des foyers rituels ont été allumés autour de tombes surmontées d’un édifice constitué de quelques grosses pierres. Par ailleurs, il semble que des sacrifices humains aient accompagné les cérémonies funéraires.

 

C’est vers la fin de cette période qu’apparaissent les premières sépultures mégalithiques.

 

 

Au Néolithique :

 

Très présent durant cette période qui s’échelonne entre -5 500ans et -2 200 ans avant notre ère, le mégalithisme funéraire occupe une place importante dans cette culture. Si nous pouvons affirmer sans risque  que les menhirs isolés ou en groupe n’ont rien à voir avec le funéraire, les cairns, les dolmens et les allées couvertes participent à l’organisation des territoires de ces communautés sédentarisées.

Les grands cairns comme celui de Barnenez à Plouézoch (29) et quelques autres tertres carnacéens témoignent de la part importante de la mort dans la culture néolithique.  Les morts sont déposés dans de grandes chambres aménagées au cœur de vastes constructions mégalithiques.  Le rituel funéraire a pour habitude de leur laisser toutes les pièces et ustensiles dont ils auront besoin dans cette autre vie. Et, pour ’’le voyage’’, on leur laisse des poteries remplies de nourriture. La mort n’est donc pas un état définitif.

 

Cependant, l’importance de ces grands monuments ne doit pas occulter que leur accès n’est autorisé que pour quelques uns : sans doutes les élites de ces sociétés. Inhumés en pleine terre, ou même peut-être déjà incinérés, les autres (la majorité sans doute), ne bénéficiant pas de ces largesses pour le passage vers ’’l’autre monde’’, n’ont laissé aucune trace de leur mort. Nous avons ainsi la confirmation d’une société déjà hiérarchisée jusque dans la mort. Ce fait perceptible dès la période précédente se confirme de façon évidente ici.

 

Par la suite au cours de cette période de trois millénaires, les grands cairns laisseront la place aux allées couvertes et autres architectures funéraires dérivées. Allées couvertes à entrée latérale, dolmens coudés ou transeptés cette grande variété ne modifiera pas sensiblement les rituels funéraires.

 

Si durant cette période, l’homme organisant son territoire semble attentif à séparer le territoire des morts de celui des vivants, ils semble que pour le cas du camp du Lizo en Carnac (56) cette règle n’a pas été respectée puisqu’un dolmen se trouve dans l’enceinte même de l’habitat fortifié.

 

A l’Age du Bronze :

 

La métallurgie apporte des changements significatifs dans la structure des communautés de l’Age du Bronze. Ces modifications se répercutent dans le traitement de la mort. Alors que la société accentue la primauté de certains individus sur leurs semblables, les sépultures collectives liées au mégalithisme de la période précédente disparaissent au profit des inhumations individuelles sous tertre tumulaire.

 

Certaines de ces tombes richement dotées d’outils parures et autres matériels d’accompagnement dénoncent l’émergence d’une aristocratie guerrière.

 

Parallèlement, des nécropoles  de sépultures en coffre de pierre se développent peu partout sur le Massif Armoricain. Le mort, placé seul dans chacun des coffres est généralement couché sur le coté en position fœtale. Dans ces petites sépultures où le mobilier reste rare, il arrive que la présence d’une poterie ou d’un bijou (collier, bracelet) tente de venir marquer le rang social du défunt. Mais ce qui apparaît au premier regard est bien la constante de la préservation du corps pour un ’’transport vers l’autre monde’’ et d’une renaissance affirmée par la position fœtale.

 

Si ponctuellement quelques grands mégalithes se trouvent encore utilisés (St Just 35) ces faits très anecdotiques disparaîtront rapidement.

 

Venue de l’Est, les pratiques cinéraires restent longtemps marginales. Puis par une timide pénétration, elles finissent par s’implanter sur la péninsule armoricaine. Alors que ’’les champs d’urnes’’ accaparent le rituel funéraire dans l’est de la France, la Bretagne maintient malgré tout sa tradition des grands tumulus que l’on trouve concentrés dans le centre ouest de la région.

Malgré cette exception, on peut raisonnablement penser qu‘à ce moment l’individu accepte l’idée que la résurrection peut intervenir sous une autre forme que celle de l’enveloppe charnelle.

 

A l’Age du Fer :

Par leur approche philosophique, les Celtes admettent que la disparition du corps humain. Pour la premières fois l’existence d’un autre monde celui des morts est admis par le Gaulois. L’incinération devient donc la pratique la plus courante sans pour autant abandonner les autres modes funéraires. L’Armorique a su garder certaines de ces nécropoles au type assez diversifié. On y reconnaît des sépultures sous petits tertres  constitués de pierres parementées. De forme circulaires ces tombes contiennent on petit coffre fermé dans lequel pouvait être déposé une urne (Le Bono 56) ou bien un corps entier pour les plus grandes d’entre elles (Pluvigner 56). Dans d’autres secteurs la pratique de la nécropole cinéraire est matérialisée par la présence d’une série de stèle de granite marquant un espace funéraire. Dans ce cas les poteries reposent dans une petite fosse creusée à même le sol, et hélas pas toujours à l’abri de travaux agraires profonds.

Si notre région  paraît ne pas avoir été concernée par les très grandes sépultures princières à char comme celles de l’est de la France, cette absence n’autorise cependant pas à imaginer une société plus égalitaire.

 

Si la vie n’est pas égalitaire, peut-on prendre le risque d’affirmer que la mort corrige cette disparité ???

 

Par Jean Pipotte. - Publié dans : Histoire de l'Homme
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 13:33

Les origines de la navigation

Lecerf Yannick

 

Découverte en Amérique du nord, cette pointe de  silex taillée appartient sans conteste à une industrie spécifique qui s’est développée en Europe de l’ouest vers 150 000 ans avant notre ère : au Paléolithique. Les glaciations ne suffisant  pas à expliquer  à elles seules, ce long cheminement, les archéologues y voient la démonstration d’une première navigation. Ce déplacement le long de la banquise aurait pu se faire à l’aide de bateaux de cuir comme le houmiac ou le currac’h.

 

 Il faut attendre la période Néolithique  vers – 5 000 ans, pour percevoir les premières traces de peuplement des îles de la Mer Egée. Ces migrations maritimes sont alors complétées par l’occupation des îles de l’est de la Méditerranée. Parallèlement, des groupes humains partis du ’’Croissant fertile’’ (Turquie, Syrie) viennent jusqu’à l’embouchure du Rhône. Dans ces mêmes temps, la recherche de l’obsidienne et les premiers échanges commerciaux entre Byblos et l’Egypte familiarisent l’homme avec la mer.

 

Entre le III° millénaire et le XV° siècle avant notre ère, la Thalassocratie Minoenne (Crête) apparaît comme une véritable puissance maritime sur la Mer Egée. Elle sera par la suite supplantée par les Achéens (civilisation Mycénienne). Cette première puissance maritime guerrière entreprendra la conquête de Troie.

 

C’est bien en rentrant de Troie vers la Thessalie que le sage Nestor entreprit la première traversée en haute mer et se confronta à  la navigation astronomique. Jusqu’alors, on ne voyageait que de jour sans jamais perdre la côte. Cette formidable aventure sera suivie par celle de Jason et des Argonautes, puis par l’odyssée d’Ulysse. Ces faits longtemps considérés comme légendes sont aujourd’hui attestés par les récentes découvertes archéologiques de Troie.

 

Par la suite, les Phéniciens entreprennent la conquête de la Méditerranée occidentale, pour finir par franchir ’’les Colonnes d’Hercule’’ au début du X° siècle avant J.C. Ils remontent le long des cotes européennes pour atteindre les îles Cassitérites (Scilly) afin de s’approvisionner sur les gisements d’étain.

 

A partir du VIII° siècle B.C. les Grecs imposent  leur dynamisme commercial sur l’ensemble de la Méditerranée. Ils sont à l’origine de la création de Massalia (Marseille) vers – 600ans.  A cette période, les Phéniciens font le tour de l’Afrique pour le compte du Pharaon Néchao. Puis Pythéas, le massaliote s’engage dans un périple sur les mers septentrionales. Géographe, astronome et navigateur, il atteint l’Islande après avoir parfaitement positionné les Iles Britanniques  et Marseille en latitude.

 

Cinq cent ans avant J. C. Hennon explore les cotes de la Guinée en y plaçant des communautés humaines.

 

Au milieu du III° siècle B.C., Eudoxe de Cyzique, aidé par un marin indien naufragé, s’engage pour le compte de Ptolémée VIII dans une expédition vers l’Inde.

 

Aujourd’hui, la découverte de nouvelles contrées fait place à la course aux records. Mais la mer reste bien ce formidable espace où l’aventure reste possible pour notre plus grand émerveillement.

Par Jean Pipotte. - Publié dans : Histoire de l'Homme
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 13:29

La Baie du Mont St Michel


Lecerf Yannick 

 


L’énoncé des données climato-géologiques pourrait suffire à expliquer en deux phrases l’histoire de la baie du Mont St Michel : ’’la baie a été formée par une série de transgressions flandriennes survenues durant les séquences Boréal et Atlantique succédant à la dernière glaciation Wurm. Son contour a commencé à se dessiner dès la fin de la période Mésolithique (- 6 500 ans avant notre ère) pour atteindre la ligne de rivage actuel vers le début de l’ère chrétienne’’.

 

Mais réduire l’explication à quelques données trop cartésiennes apparaît comme une forme d’irrespect devant cette immensité liquide qui nous fascine. Alors reprenons…

 

A la suite de la dernière glaciation (Wurm), un réchauffement sensible des températures provoque une remontée du niveau des mers. Pour la Bretagne, elles passent de – 120 m à -12 m en dessous du niveau actuel. Les hommes du Paléolithique qui s’étaient installés à l’abri des falaises du Verger se voient menacés par ce reflux. Contraints d’abandonner cet espace protégé des vents dominants, ils oublient quelques outils et éclats de silex retrouvés dans les sols fossilisés. Si durant ce moment, les températures imposent un paysage de steppe humide d’où pointent quelques conifères et maigres bouleaux, cet environnement suffit à entretenir une faune parmi laquelle on reconnaît le cheval, le bœuf et le bison. Les derniers grands troupeaux de mammouths sont déjà remontés vers le nord, laissant derrière eux quelques rhinocéros laineux qui ne tarderont pas à les rejoindre.

 

Favorisé par un réchauffement irrégulier mais continu, cette première variation du niveau marin (première transgression flandrienne) sera suivie d’une série de cinq autres transgressions. Elles se succèderont durant la période néolithique (- 5 000 ans à – 2000 ans avant J.C.), la séquence de l’Age du Bronze (- 2000ans à – 700 ans avant J.C.) pour finir à la fin de l’Age du Fer (-700 ans à –52 ans avant J.C.).  Chacune de ces oscillations marines laissera en place un dépôt limoneux venant colmater ce vaste espace par un apport cumulé, sondé à 15 m d’épaisseur moyenne.

 

Lorsqu’au Néolithique, la température permettra l’installation du hêtre et du chêne, la ligne de haute mer sera déjà venue une première fois aux abords des limites du rivage actuel. Ces arbres, installés sur le plateau formé par les premiers dépôts de limon se trouveront sapés et déracinés par les deux dernières transgressions. Les troncs, noyés sous le sable et la vase, participeront plus tard activement à créer la légende de la forêt de Scissy mise en scène par quelques auteurs trop impliqués dans le courant littéraire du Romantisme pour se satisfaire d’une description raisonnée.

 

En effet, lorsque l’abbé Manet entreprend l’histoire de la baie, il s’appuie sur une cartographie proposée en 1714 par M. Deschamps-Vadeville qui ressortait des plans dressés au XII° et XV° siècle. Ces cartes s’essayaient à déterminer un contour littoral pour le Néolithique. Oubliant que cette remontée des eaux s’étalait sur plusieurs millénaires, et conforté par la présence des couërons, l’abbé décrivait un formidable raz de marée survenu en 709 comme responsable de la submersion de la forêt de Scissy et de l’isolement du Mont. Il ne savait pas alors qu’une communauté gauloise avait choisi de s’installer sur la pointe du Meinga. Entourée par la mer de trois cotés nos ancêtres avaient fortifié cette pointe par la construction d’un double talus palissadé pour se protéger d’une éventuelle incursion venue de la terre.

 

Si durant le Haut Moyen Age, quelques réglages tectoniques ont provoqué une série de séismes, aucun n’a été suffisamment puissant pour engendrer un tsunami significatif. Retenant une séquence fortement perturbée par une succession de grandes tempêtes, la tradition orale peut s’être appuyée sur ces évènements pour créer la légende.

 

En conséquence,  tous ces faits confirmés par deux datation Carbone 14 (C14) sur plusieurs bois sortis des terres entre Châteauneuf et St Brolade  mettent en relief deux moments chronologiques : le Néolithique Moyen pour l’une et l’Age du Bronze pour l’autre. A l’exception d’une légère et très courte remontée des eaux durant l’époque médiévale (les plages suspendues visibles en haut de la grève de l’Aurore en attestent), on peu sans crainte affirmer que dès le début de l’ère chrétienne la baie avait la configuration d’aujourd’hui. Et comme pour confirmer cette démonstration, la lecture de documents anciens comme le recueil ‘’Historiae Montis-Sancti-michaelis’’ rédigé par le moine chroniqueur Evardus, nous décrit en l’an 708, le mont ’’in pelago’’, c’est-à-dire entouré de la mer. Là encore cette description détruit à elle seule la légende du raz de marée  de 709, chère à l’abbé Manet.

 

Lorsque la légende devient plus belle que la réalité, la mémoire collective retient l’image la plus plaisante.

 

Quel avenir pour la baie :

Cette large échancrure sur le littoral de la Manche résulte des caractéristiques bien spécifiques où des forces composantes s’équilibrent pour nous offrir ce paysage extraordinaire. Depuis une cinquantaine d’années, l’intervention humaine a sensiblement modifié ce fragile équilibre. Commencées par les endiguements dès le XV° siècle, ces modifications se sont poursuivies par une suite de poldérisations actives jusqu’à la fin du XIX° siècle. Plus tard, des remembrements inconséquents dans l’arrière pays, modifiant les rythmes hydrologiques, se sont associés à une série de facteurs liés aux techniques agricoles pour accentuer les changements constatés. En effet, l’envasement de la baie, le colmatage du port de la Houle, l’arrivée des algues vertes en sont les conséquences visibles. Ce processus risque fort de se trouver accentué lorsque les aménagements prévus pour la remise en eau du Mont St Michel seront en fonctionnement.

 

L’étude hydrologique menée sur le phénomène des courants et marées, ne portant que sur un espace limité autour de l’embouchure du Couesnon, apparaît trop partielle pour offrir toutes la belle assurance affichée par les concepteurs. Elle semble en effet avoir ignoré le régime des courants de l’ensemble de la baie. Or, ces lieux où est constaté à l’un des plus importants marnages des cotes d’Europe, sont soumis à un régime de courants invariables au rythme des marées. Toujours organisés dans le même sens, ces courants, descendent le long du Cotentin pour retrouver la pleine mer après le phare du Herpin. Modifiant leur vitesse selon les hauteurs d’eau, ils transportent des masses de sédiments que des forces centrifuges déposent sur les parties les plus excentrées de la baie (St Benoît, Château Richeux, etc…) ou encore sur des points d’encrage (le banc des Hermelles, les cales de la Houle). Ces apports avec lesquels chacun a dû s’adapter (élevage des huîtres sur table, disparition des ruisseaux de cheminement) se verront renforcés par les effets de chasses organisées pour la remise en eau du Mont. C’est alors que des masses considérables de sédiments évacués viendront s’ancrer sur les points de fixation cités plus avant et se déposer sur les fonds de baie.

 

Faut-il, pour garder l’image du Mont Saint Michel en mer prendre le risque de détruire le fragile équilibre écologique et ce panorama exceptionnel ? Faut-il pour un intérêt économique local et ponctuel (en effet, cette remise en eau du Mont ne sera pas durable. Elle repousse l’inéluctable ensablement de quelques décennies seulement) déstabiliser la bande littorale voisine ?

 

Profitons de encore des images et couleurs formées par les jeux du soleil et de l’eau. Berçons-nous de la légende sans pour autant renier la véritable histoire. Mais restons observateurs attentifs de cette baie où s’est écrit une grande page de notre héritage maritime.

 

 

 

 

 

 

Par Jean Pipotte. - Publié dans : Techniques et Divers
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 10:41

Marquée par deux influences distinctes venues d'Europe centrale, cette séquence se partage en deux périodes: le Hallstatt  ou premier Age du Fer (750 à 450 ans avant J.C.)  et la Tène ou second Age du Fer (450 à 52  ans avant J.C.)

Apparu vers le IX° siècle avant notre ère en Europe centrale, le fer provoquera de nombreux bouleversements dans les modes de vie.

La société: Les ''Keltoï ou Celtes qui occupent un vaste territoire compris entre l'Irlande et les bords de la Mer Noire se sont progressivement disséminés dans toute l'Europe Occidentale. Leur artisanat et leur expression artistique marquent sensiblement cette longue séquence de 700 ans.

A partir du VII° siècle avant J.C., les communautés armoricaines, restées dans l'Age du Bronze, doivent s'adapter à une nouvelle société. Plus hiérarchisées et largement engagées dans les échanges culturels et commerciaux, ces communautés favorisent l'émergence d'une riche aristocratie princière.

L'habitat: Si dans un premier temps l'habitat rural isolé reste  une dominante sur l'ensemble du territoire, une probable insécurité poussera les familles à se protéger de talus palissadés doublés de larges fossés. On verra même des regroupements en villages fermés par de puissantes défenses.

L'architecture de terre et de bois domine largement l'utilisation d'autres matériaux. Les quelques constructions aux murs de pierre comme celles de la pointes de Quiberon (56) restent des exceptions. La maison gauloise et ses dépendances offrent un large espace de vie où règne un agréable confort.

La monnaie: La monnaie apparaît en Gaule à partir du III° siècle avant  J.C.  Grands voyageurs, souvent mercenaires, les Gaulois n'ont pas manqué de remarquer dans leurs pérégrinations les monnaies d'or frappées par Philippe II de Macédoine. C'est probablement à partir de cet exemple ou de quelques autres en vogue autour du Bassin Méditerranéen qu'est apparu le monnayage en Gaule. Osismes, Coriosolites et Riedones frappent la monnaie. Cependant, en raison d'une domination régionale, notamment commerciale des Vénètes décrite par Jules César, on a attribué à ce peuple, les plus anciennes séries de monnaies d'or armoricaines.

La réligion:  Alors qu'il semble difficile d'évoquer l'idée d'une religion rigide et structurée, le Gaulois paraît avoir autant de Dieux qu'il a de peurs. Son panthéon, peuplé de divinités multiples reste très ouvert.

Certains sanctuaires aux formes quadranguaires  soumis à des critères architecturaux et à la géométrie bien arrêtée, intégrent dans leur organisation des préoccupations liées au rythme solaire.

Le foisonnement des ossements humains et d'animaux suppose la pratique de sacrifices rituels.

S'inscrivant dans une démarche plus philosophique que révélée, la religion s'organise autour d'une hiérarchie constituée des Druides, accopagnés de Bardes et d'Eubages. Les Devins jouent également un rôle dans le clergé gaulois.

La mort:  Par leur approche philosophique, les Celtes admettent la disparition du corps au profit d'une résurrection spirituelle, ou sous une autre forme ou bien dans un autre monde. La mort n'étant alors qu'un passage vers cet autre monde. L'incinération devient donc une pratique courante sans toutefois éliminer les traditions plus anciennes. Certaines grandes tombes princières où le défunt est déposé parmi de multiples objets dans une chambre funéraire richement garnie, semblent vouloir indiquer que l'approche de la mort varie selon le rang social .

 

 

 

Par Jean Pipotte. - Publié dans : Archéologie
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Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /Mars /2008 18:00

Parmi les outils et moyens utiles à la transmission ou au partage de connaissances on trouve:
 la publication, 
la conférence, 
l'exposition. 
Chacun de ces moyens peut fonctionner indépendamment ou bien être associé à l'un ou l'autre. Les trois actions peuvent même être entreprises dans la cadre d'une animation multi-supports.

Mais  pour être efficace et avoir les meilleures chances d'atteindre les buts fixés, chaque moyen mis en oeuvre doit répondre à des pré-requis incontournables:

La publication: Le sujet doit apparaître clairement dans le titre de l'ouvrage. Pour garder son pouvoir attractif la publication doit rédiger en termes simples et précis. Elle doit suivre une logique sans s'écarter dans des disgressions perturbant la compréhension du message.

Les illustrations apportent un complément certain à tout document écrit. Bien souvent, par une image, ou un dessin, elles fournissent une foule de détails qu'un long texte aurait des difficultés à faire comprendre.

Les publications peuvent se décliner selon diverses formes:
La bande dessinée, accessible à tous, reste un moyen ludique de lecture
Le livre écrit, sonl'intérêt sera très dépendant des qualités du ou des rédacteurs.
Le livre illustré reste un bon compromis

Le volume du texte ainsi que le format doivent rester dans des limites raisonnables
les formats types permettent de réduire le coût de la publication. Il faut essayer de compter un nombre de cahiers juste (un cahier fait généralement 16 pages). Ainsi doit-on s'applique à faire tenir  la pagination en nombre  entier de cahier (éviter les demi cahiers).

Les illustrations en quadrichromie, regroupées sur le même cahier , permettent une réduction sensible des coûts d'impression.

Pour rester dans des coûts raisonnables, il faut impérativement éviter les doubles jaquettes ainsi que les transparants ou encore les dépliants encartés.

Le nombre tiré d'exemplaires  se réduira en fonction de l'augmentation des tirages. Il faut toujours essayer d'évaluer le nombre d'exemplaire au plus juste car le prix d'une réédition ou d'exemplaires supplémentaires est souvent très élevé.

L'exposition: reste un excellent support pour atteindre un large public.
Demandant souvent une longue préparation, elle doit être structurée selon une logique définie et  répondre à une attente du visiteur et s'adapter à un lieu.
Pour rester très attractive, l'exposition doit se garder de présenter un visuel plaqué: c'est-à-dire, il faut impérativement éviter d'afficher une suite de panneaux explicatifs vite abandonnée par le lecteur. 
Les textes doivent être clairs et concis. Ils doivent s'appuyer sur des illustrations (photos, documents, plans, maquettes, etc...) L"adjonction de ces documents iconographiques donne le volume nécessaire à l'attractivité de l'exposition.  

Les sources de documentation doivent être recherchées et choisies avec le plus grand sérieux. Ne jamais introduire dans une exposition des informations douteuses ou mal comprises. Il faut écarter sans réserve les interprètations approximatives, éviter les formules à ''l'emporte pièce'' qui bien souvent n'ont aucune signification.

Pour surprendre, l'exposition doit alterner des documents, des pièces ou instruments, des maquettes, des illustrations des sons, etc...

Pour réussir une exposition, il est impératif de ne jamais perdre de vue qu'on ne monte pas une exposition pour son autosatisfaction, mais pour transmettre et partager une somme d'informations.

La conférence: ce terme trop pompeux reste à éviter. Bien souvent, il fige le public et ne favorise pas les échanges. il reste préférable de proposer une rencontre débat.  Afin cependant d'éviter de trop fréquentes interruptions, on peut en début d'intervention fixer les règles de fonctionnement: je présente et je développe le sujet, puis on passe ensuite aux questions.

Il est bien évident que l'intervenant doit parfaitement maîtriser son sujet. Ce dernier ne doit jamais se contenter de lire des notes ou bien des extraits de publications (c'est hélas encore trop souvent le cas). 

L'intervenant ne doit jamais mettre le public en difficulté  en lui posant des questions. Même si tout l'auditoire sait ce qu'il s'est passé en 1515, il est préférable d'intervenir en disant: "1515  nous connaissons tous cette bataille de Marignan" Plutôt que : " 1515; qu'est-ce que cela vous rappelle?". Face à cette interrogation qui peut être interprètée comme une évaluation des connaissances, on risque un blanc souvent difficile à faire oublier.

Lorsque que cela est possible, il est bon de pouvoir illustrer son intervention par un support visuel  qui peuvent être des documents anciens, des diapositives ou des images numériques (s'assurer préalablement du bon fonctionnement des moyens de projection).

Un débat conférence doit pouvoir se tenir dans un temps de 1h 30 à 1 h 45 . On peut ainsi exposer durant 1 h à 1 h 15 et ensuite développer certains points à partir des questions posées. L'expérience, montre qu'au delà de 2 heures l'auditoire relache sensiblement son attention. Après 2 h 30 il ne reste que les trop timides pour quitter la salle et ceux qui ce sont endormis.

Attention:  Dans la grande majorité des conférences, on trouve des personnes qui ont particulièrement étudiées le sujet afin d'être en mesure de poser, bien souvent de bonnes questions dont elles connaissent la réponse et d'autres qui espèrent pièger l'intervenant.  Afin d'éviter d'être mis en difficulté, il n'y a aucune honte à reconnaître qu'on peut ne pas avoir toutes les réponses plutôt que de prendre le risque de se pièger dans une approximation.

Mais en règle générale, les échanges sont d'un grand intérêt et se passe dans une aimable convivialité.

Par Yannick L.
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Mardi 4 mars 2008 2 04 /03 /Mars /2008 10:57

Résultant d'un processus évolutif alliant le cuivre et l'étain, le bronze semble vite conquérir les Cultures de l'ouest. D'abord symbole de richesse et de pouvoir, les outils, bijoux et armes sont réservés à une élite. Puis, très vite, la productivité et le savoir faire des fondeurs engendrent une prolifération des pièces et objets métalliques.
Doit-on pour autant attribuer à cette nouvelle matière les mutations sociales constatées au cours de cette période?

Alors que les groupes anciens s'organisent autour d'une structure de vie collective, l'Age du Bronze favorise la primauté de certains individus sur leurs semblables. Ainsi voit-on une hiérarchie présente jusque dans les rites funéraires.

undefined On s'écarte des grands mégalithes pour abandonner les pratiques d'inhumations collectives au profit de sépultures individuelles dont le volume et la richesse affirment le rang social du défunt.

L'habitat, souvent sécurisé par un talus doublé d'un fossé, s'organise en villages composés d'unités individuelles comprenant généralement une maison et ses dépendances. La construction en bois et  terre continue à imposer son architecture spécifique.

Pour satisfaire aux besoins de la réduction du minerai, réclamant de grandes quantités de combustible, la déforestation, dèjà bien entamée durant le Néolithique, ouvre de grands espaces à l'agriculture et l'élevage.

Les échanges et le commerce:

Produit dans toute l'Europe occidentale à partir de la fin du III° millénaire, le Bronze favorise les échanges commerciaux. Pour la région ouest-atlantique, les découvertes récentes de Belle Iles (56) et de l'embouchures de la Loire ont révélé en différentes places, la présence de pièces et outils provenant des mêmes moules: c'est-à-dire, des mêmes ateliers de fondeurs.

Par ailleurs, les approvisionnements en minerai nécessitent  d'étendre le champ commercial. La cassitérite sera importée des Iles Scilly situées au sud-est de la Cornouaille anglaise.

blog-arch-o-010.jpg Probablement lancés dans une concurence commerciale, les fondeurs inventent et développent un nouvel outillage (faucille, serpe, gouje, ciseau, enclume, marteau, burin, lime, etc...) Parallèlement la panoplie guerrière s'enrichit d'épées, de pointes de lance, casques, cuirasses et boucliers. Devenu incontournable, le bronze est  présent  dans tous les domaines de cette nouvelle société.


Le traitement de la mort:

Si les notables des petites communautés bénéficient le plus souvent de tombes sous tumulus dans lesquelles sont ajoutés de nombreux objets, parures et armes, dans la seconde partie de l'Age du Bronze, on constate une multiplication des inhumations en coffre. Ces petits coffres de pierre sont généralement regroupées en nécropoles.
En fin de cette période, l'incinarétion paraît devenir une pratique dominante qui cependant semble épargner les grands dignitaires des communautés.

Mais déjà le Fer est présent au Proche Orient.

Par Yannick L. - Publié dans : Archéologie
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Mercredi 23 janvier 2008 3 23 /01 /Jan /2008 11:45

Le Chalcolithique ou Age du Cuivre

(-2 500 ans à – 2 200 ans avant J.C.)

 

 

A l’arrivée du III° millénaire avant notre ère, la métallurgie apparaît en Europe centrale. Des centres de productions actifs se développent en Italie, Autriche, Allemagne, Suisse et dans le sud-est de la France. Engagée dans le mégalithisme, l’Armorique néolithique reste dans un premier temps à l’écart de cette nouvelle technologie. Il faudra attendre plus de 500 ans pour voir les premières traces des Cultures Campaniformes et Artenaciennes atteindre la péninsule peut être trop excentrée à l’ouest des berceaux de production.

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Bien que parfaitement identifiable et devenant au fil du temps très présent sur notre territoire, ce mobilier céramique n’est que très rarement accompagné d’objet métallique. Avec le Campaniforme si caractéristique, la plupart des sites bretons explorés continuent à livrer de l’outillage lithique (hache polie, hache marteau ou bipenne).

 

Les rares pièces de cuivre exhumées lors de fouilles archéologiques ne suffisent pas à percevoir une réelle appropriation du métal par les groupes armoricains.

Par Yannick L. - Publié dans : Archéologie
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Lundi 21 janvier 2008 1 21 /01 /Jan /2008 11:41

 

Le Paléolithique

Lecerf Yannick

 

Günz, Mindel, Riss et Mindel sont les noms des grandes glaciations qui ont façonné le Massif Armoricain et rythmé les premières phases de l’histoire de l’Homme.

 

Responsable de la variation du niveau des mers, elles ont dessiné les contours littoraux et offert des alternances paysagères allant de la steppe arctique à la toundra pour finir en chênaie mixte. Ces modifications de l’environnement végétal ont contribué aux migrations de la faune et des groupes humains. Au début prédateur, inscrit dans la chaîne des charognards, l’homme mettra plusieurs millénaires avant de s’équiper pour jouer son rôle de chasseur.

 

Divisé en trois longues périodes (Paléolithique ancien – 650 000 ans à – 200 000 ans ; Paléolithique moyen  - 200 000 ans à – 35 000 ans; Paléolithique final -35 000 ans à – 10 000 ans) le Paléolithique armoricain a laissé quelques traces en bordures littorales et le long de certains cours d’eau de la Bretagne intérieure. Quelques foyers datés entre 450 000 et 500 000 ans avant notre ère présentent les cultures armoricaines comme des initiateurs dans la maîtrise du feu. Des galets retouchés (choppers et choppings tools) découverts sur certains sites attestent d’une activité réfléchie. Ces premières traces du travail de la pierre préfigurent une industrie de la taille, qui donnera les nombreux bifaces en silex, grès, quartz et autres roches locales. Interpellées par la mort, les cultures paléolithiques enterrent leurs défunts. En effet, les sépultures de la Ferrassie ou celles de la Chapelle aux Saints, datées d’environ 50 000 ans avant J.C. démontrent une réflexion sur la spiritualité. IMG_0769.JPG

 

 

 Lorsque l’homme de Cro-magnon s’installe dans nos contrées, les derniers grands mammifères, adaptés au climat arctique, entreprennent une longue migration.  Contraints par  les réchauffements climatiques, ils remontent vers le nord-est.

 

Améliorant ses techniques et ses instruments de chasse (pièges, propulseurs, hameçons foëne), l’homme de Cro-magnon assure une subsistance favorisant le développement des communautés.

 

Parfaitement soulignée par l’art pictural trouvé dans les grottes et les abris sous roche, l’homme développe une spiritualité largement marquée par son environnement.

 

Son habileté à la taille de la pierre et au travail de l’os  nous permet aujourd’hui d’admirer les nombreux outils en silex ainsi que les représentations anthropomorphes ou animalières retrouvés sur les sites d’occupation.

 

 

Par Yannick L. - Publié dans : Archéologie
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Mercredi 9 janvier 2008 3 09 /01 /Jan /2008 15:04

ARCHEOLOGIE  DIFFUSION

Association loi 1901

         

 

  2 allée des œillets 35 830 Betton

tel : 02 99 55 84 67 ou 06 79 87 74 58

 E-mail : yannick.lecerf@wanadoo.fr

                                              

Présentation de l’association

 

 

Créée en 2005, l’association se fixe comme objectif de diffuser la connaissance des dernières avancées en matière de recherche archéologique.

 

Elle intervient prioritairement dans toutes les séquences de la pré et proto-histoire.

 

Pour cela :

Elle publie ou participe à la rédaction d’ouvrages archéologiques ou historiques.

Elle propose des expositions abondamment illustrées par des reconstitutions d’outils et pièces archéologiques.

Elle apporte des conseils scientifiques et techniques sur la mise en valeur de site.

Elle propose des animations pédagogiques

Elle étudie et pilote des créations d’archéo-sites

Elle participe à des actions d’archéologie expérimentale.

Elle propose des cycles de conférences

 

A son actif Archéologie-Diffusion compte les actions suivantes :

 

Expositions : 
            
L’homme et l’outil aux temps préhistoriques;Ville de Ploemeur (56)

La pierre et l’outil ; Musée des ATP Cancale (35)

Les outils du Paléolithique et du Mésolithique; Melrand (56) Village de l’an Mil

Le Néolithique ; Melrand (56) Village de l’an Mil

L’Histoire de l’homme en Morbihan ; Château de Suscinio Conseil Général 56

 

Animations : 
                                Centre de vacances du cinéma (poterie, taille de silex, métallurgie,
                                  meunerie, etc..)

Village de l’An mil Melrand : la taille du silex

Village de l’An mil Melrand : le polissage de la pierre et la fabrication des haches en pierre

Carnac, site mégalithique Tir au propulseur, meunerie et polissage de la pierre.

 Locmariaquer, Table des Marchands La pêche au temps préhistorique et fabrication du feu.

Interventions dans de nombreux établissements scolaires (Bretagne et Région Parisienne)

Betton, archéo-site de la motte médiévale de la Chaperonnais (divers ateliers)

 

Conférences :
                            
Nombreuses interventions dans les UTL (Rennes, Vitré, Malestroit, 
                                    Châteaugiron, Montfort)

Musée des ATP Cancale ; Plusieurs conférences

Betton plusieurs conférences pour le compte de l’association les Chemins de la mémoire.

Trois conférences archéologiques pour la ville de Ploemeur (56)

Conférence sur les menhirs Musée de Carnac

Nombreuses conférences sur le mégalithisme. Monteneuf (56)

Nombreuse conférences aux journées archéologiques du CNRS Rennes Beaulieu

 

Publications : Nombreuses publications scientifiques et de vulgarisation

 

Conseil de mise en valeur ou d’animation :

 Ploemeur (56) ; plusieurs mégalithes restaurés

L’Ile aux Moines (56) ; Deux mégalithes restaurés

Belle Ile (56) ; relevage d’un menhir

Betton (35); Construction d’une motte médiévale et sa basse-cour

 

 

 

 

 

 

Par Yannick L. - Publié dans : Présentation
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Vendredi 14 décembre 2007 5 14 /12 /Déc /2007 17:15

Histoire de la pêche

 

Lecerf Yannick

 

Autant par nécessité que pour varier ses rites alimentaires, depuis l’aube de l’humanité, l’homme s’est essayé à la capture du poisson et des crustacés.

 

Si le ramassage sur les estrans ou sur les roches découvertes est une pratique ou homo érectus s’inscrivait dans la chaîne alimentaire des charognards, les traces les plus anciennes d’une activité réfléchie, aidée d’un instrument adapté, remonte au Paléolithique final*. C’est en effet au cours de cette séquence archéologique que les hommes de Cromagnon ont fabriqué les premières pointes de harpons à partir de bois de cervidés ainsi que des foënes en os (fig. 1). Montées sur des hampes adaptées au jet, ces pointes acérées souvent munies de barbelures ne lâchaient plus les prises embrochées. Exhumant indifféremment des restes de poissons de rivière ou du littoral maritime, les sites archéologiques fouillés mettent également en évidence une consommation assez significative  de coquillages et crustacés. La taille des vertèbres et des débris coquillés montre que la ’’friture’’ est délaissée au profit de grosses prises. Le saumon semble tenir  une place privilégiée dans les repas préhistoriques sans pour autant que soient dédaignés la morue ou la truite et les autres poissons d’eau douce. Par ailleurs, il n’est pas rare de voir des représentations de ces poissons venir orner des objets préhistoriques (redresseur de sagaies) ou encore des lieux de vie comme les grottes ou abris sous roches de Dordogne.  Au-delà de l’apport nutritif, les coquillages servent à la confection de colliers retrouvés dans des sépultures datées de 10 000 ans avant notre ère.

  IMG_1807.JPG

Les premiers hameçons droits en os à deux pointes (fig. 2) apparaissent peu de temps avant ceux en forme de crochets. A ce moment du Mésolithiques*, l’habileté des tailleurs de silex montre que parallèlement aux hameçons crochet en os, ceux-ci sont capables de produire par une taille à pression les mêmes crochets en silex finement retouché.  Vers la fin de cette période toutes les formes d’hameçon (fig. 3), verront leur performance améliorée par l’adjonction d’une fine barbelure (aiguillon) assurant l’accroche de la prise. A ce moment, on constate l’optimiste des pêcheurs qui s’équipent de gros hameçons écartant le menu fretin au profit de pièces atteignant plusieurs kilos.

 

Lorsque les cultures du Néolithique* développent la pratique de la navigation côtière, utilisant les pirogues monoxyles*, l’homme quitte le rivage. Prenant le risque de s’éloigner à quelques encablures, il pose des filets et place des nasses sur les hauts fonds. Des restes de filets tressés retrouvés dans les tourbières des lacs de la chaîne alpine et dans les pays nordiques attestent de ces formes de l’activité halieutique. Les  pêches aux filets prendront un réel essor durant la période gauloise et Gallo-romaine. Proche de la technique du moderne tramail, les filets seront généralement accrochés au fond ou vaguement dérivant, mais toujours solidaires de l’embarcation. Il faudra attendre la venue de bateaux plus performants pour voir se développer la technique des filets tractés (le chalutage). En effet les techniques de pêche en traction semblent apparaître au cours du XIX° siècle. Jusqu’à ce moment, la plupart des bateaux se limiteront à des activités de ligneurs ou de palangriers.

 

Placées indifféremment en mer ou en rivière, les nasses en osier ou en tiges de clématite assurent un complément et une variété de subsistance non négligeable. La capture de l’anguille dans les étiers et marécages suscitera beaucoup d’imagination chez les pêcheurs (immersion de fagots de bois ou de poteries, etc…).  L’homme, alors installé sur un territoire organisé, va durant cette période (qui est aussi celle du mégalithisme) mettre au point toutes les techniques de capture que nous reproduisons aujourd’hui (pêche à la nasse, pêche à la foëne, pêche au coup, pêche aux filets). Pour compléter la pêche à pied, il ira même jusqu’à penser les premiers pièges à poisson (les pêcheries). Dans un premier temps on les trouvera dans les estuaires, puis elles finiront par remonter assez loin dans certaines rivières pour finir par se développer dans les grandes baies à faible profondeur d’eau. D’une rentabilité évidente pour ces époques, ils deviendront un enjeu de pouvoir. En effet, très vite seuls les castes sociales de haut rang se partageront le droit d’établir des pièges à poisson.

 

Mais, il faudra attendre le Moyen Age pour voir les grandes pêcheries de bouleau se développer dans le fond de la baie du Mont Saint Michel. Si certaines interprétations un peu hasardeuses voient ces premières pêcheries en bois installées dès le Néolithique sur nos grèves, il faut se souvenir que  le niveau de comblement de la baie, encore dans ses dernières transgressions flandriennes*, se situe entre 2,50 m et 3,00 m   sous la cote actuelle. Lillemer, comme son nom l’indique est une île asséchant aux basses mers. Aussi en l’absence de tout élément tangible prouvant la présence des pêcheries en bois, il est bien plus probable de voir l’homme du Néolithique tendre des filets lestés en travers des courants. Un autre type de pêcherie,  constituée de longs murets de pierre, très courant sur le littoral atlantique semble avoir quitté les rives de la Manche aux abords du XVIII° siècle. Plus fréquent sur les cotes à enrochements, ses besoins de grandes quantités de pierre l’on écarté des techniques de constructions retenues dans cette baie où le roche reste rare. On ne doit pas oublier de mentionner le complément de ressource apporté au meunier par les retenues d’eau nécessaire au fonctionnement de leur usine à farine. En effet qu’ils soient moulins de mer, d’estuaire  ou de rivière, les retenues d’eau commandées par des vannes,  des sas ou  des chasses permettent des prises de poissons assez importantes.

 

Les premiers hameçons métalliques, apparus à l’Age du Bronze*, ne seront que des reproductions de ceux précédemment aménagés en os et bois de cerf. La seule nouveauté constatée pour cette période se résume aux hameçons à doubles crochets

 

Aujourd’hui, alors que nous perpétrons des gestes inventés aux temps préhistoriques, nous nous approchons de ces joies simples que ressentaient ces hommes en parfaite symbiose avec leur environnement.  En ces temps là, par des prélèvements raisonnés, ces lointains ancêtres garantissaient la survivance des espèces, assurant ainsi à leurs successeurs une ressource qu’ils devaient penser inépuisable.

 

Paléolithique Final              – 35 000 ans à – 10 000 ans avant J.C.

Mésolithique                         - 10 000 ans à – 5 000 ans avant J. C.

Néolithique                           - 5 000 ans à – 2 000 ans avant  J. C.

Age du Bronze                       - 2 000 ans à – 750 ans avant J.C.

Pirogue monoxyle : embarcation taillée dans un tronc d’arbre

Transgressions flandriennes : désignation des cinq grandes remontées du niveau marin  accompagnées des dépôts sédimentaires responsables du comblement de la baie

 

Par Yannick L. - Publié dans : Histoire de l'Homme
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